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05/06/2018

L’Évangile en 3D - Épisode 3

L'onction de Béthanie

Emmerich et Neumann.jpg

Pour ceux qui auraient raté la bande-annonce, il est encore temps de rattraper votre retard ici.

Anne-Catherine Emmerich1 :

28 mars 1821 :

 

Thérèse Neumann2 :

12 septembre 1928 :

« La salle où l'on devait manger aujourd'hui chez Simon, n'était pas celle où avait eu lieu le repas précédent, le lendemain de l'entrée de Jésus au temple. Ils mangèrent cette fois dans une salle ouverte située derrière la maison et qui avait vue sur la cour.

La salle était décorée et il y avait dans le toit une ouverture au-dessus de laquelle on avait tendu un voile transparent qui formait comme une coupole. Des deux côtés de cette ouverture étaient suspendues deux pyramides de verdures, formées d'une plante grasse, crépue, d'un vert brunâtre, qui avait des petites feuilles rondes : j'en ai oublié le nom. La base de ces pyramides était également garnie de verdure : il me sembla qu'on les maintenait toujours dans cet état de fraîcheur. C'était au-dessous de cette décoration qu'était placé le siège de Jésus. Le côté de la table où l'on apportait les plats en passant par la cour et par la colonnade ouverte, restait inoccupé : seulement Simon se tenait là pour présider au service. De ce côté on voyait sous la table trois grandes urnes plates pleines d'eau.

 

Au repas les convives étaient étendus sur des bancs assez bas placés transversalement ; il y avait par derrière un montant et par devant un bras sur lequel on s'appuyait. Ces bancs étaient placés deux par deux, de manière à ce que deux convives fussent en face de deux autres. Cette fois les femmes mangeaient dans une salle ouverte située à gauche et elles pouvaient, à travers la cour, voir par côté (?) le repas des hommes.

 

Lorsque tout fut prêt. Simon et son serviteur allèrent chercher Jésus, les apôtres et Lazare. Ils avaient des habits de fête : Simon portait une longue robe, une ceinture avec des dessins et il avait au bras un long manipule pendant, terminé par une frange. Le serviteur n'avait pas de manches à son vêtement supérieur. Simon conduisit Jésus, le serviteur conduisit les apôtres. Ils ne traversèrent pas la rue pour gagner la maison de Simon, mais ils arrivèrent dans la salle en passant par le jardin qui était derrière : car il y avait beaucoup de monde à Béthanie, et un grand nombre d'étrangers qui étaient venus pour voir Lazare occasionnaient un certain tumulte. En outre, les habitants étaient étonnés que Simon, dont ordinairement la maison était ouverte au public, eût fait acheter tant de choses et tînt toutes les portes fermées. En un mot, il y avait dans la foule de la curiosité et de l'agitation. Pendant le repas quelques personnes montèrent sur les murs. Tous les convives entrèrent, habillés comme pour une fête, par la porte de derrière de la salle. Je ne me souviens pas qu'il y ait eu un lavement de pieds ; je crois seulement avoir vu faire des ablutions devant la porte. Les sièges qui garnissaient la table étaient assez larges pour que deux personnes fussent couchées l'une à côté de l'autre ; mais Jésus était seul au milieu. Il y avait sur la table plusieurs grandes coupes dont chacune était accompagnée de deux autres plus petites. Elles étaient remplies de trois espèces de liquide, l'un verdâtre, l'autre rouge et l'autre jaune : je crois que c'était une espèce de poiré. On servit d'abord un agneau, il était étendu sur un long plat de forme ovale, la tête était posée sur les pattes de devant et tournée vers Notre Seigneur. Il prit un couteau blanc qui semblait d'os ou de pierre, le plaça dans le cou de l'agneau qu'il découpa d'abord transversalement ; après quoi il fit une longue incision dans toute la longueur du dos et de la tête. La forme de cette incision me fit penser involontairement à la croix. Il le présenta ainsi découpé à Jean et à Pierre, puis il se servit lui-même. Ensuite Simon découpa transversalement des deux côtés et présenta successivement les morceaux, à droite et à gauche, aux apôtres et à Lazare.

 

On servit aussi un agneau aux femmes, mais il était plus petit et occupait sur le plat une surface moins large : il avait la tète tournée du côté de la mère de Dieu qui le découpa. Il ressemblait presque à un hérisson. (Anne Catherine ne put s'empêcher de rire de cette comparaison). Après l'agneau vinrent trois grands poissons entourés de plus petits. Les grands poissons étaient sur le ventre et semblaient nager dans une épaisse sauce blanche. On servit ensuite de la pâtisserie, des petits pains ayant la forme d'agneaux et d'oiseaux aux ailes étendues, puis des rayons de miel, une herbe verte formant une espèce de salade et une sauce où on trempait cette herbe : c'était de l'huile, à ce que je crois. On apporta ensuite des fruits qui me parurent être des noires : au milieu était une espèce de courge sur laquelle d'autres fruits, notamment des raisins, étaient attachés par la queue. Les plats étaient en partie blancs, en partie jaunes à l'intérieur et plus ou moins profonds, selon l'espèce de mets qu'on y servait. Après avoir mangé l'agneau, les convives burent : ils avaient fait une prière avant de commencer le repas.

 

Les femmes, au nombre de huit ou neuf, étaient assises en rond autour de leur table : Madeleine était en face de la sainte Vierge. Elle avait beaucoup pleuré pendant le repas. Jésus avait enseigné tout le temps. On avait à peu près fini, Jésus parlait encore, les apôtres écoutaient avec une grande attention et Simon, qui était chargé du service, se tenait immobile en face de lui pour mieux l'entendre. Cependant Madeleine s'était levée sans rien dire. Elle portait un manteau léger d'un bleu clair, dont l'étoffe ressemblait assez à celle du manteau des rois mages : ses cheveux épars étaient recouvert d'un voile. Portant son onguent parfumé dans un des plis de son manteau, elle arriva dans la salle par le berceau de verdure, se plaça derrière Jésus, se jeta à ses pieds fondant en larmes, et appuya son visage sur l'un des pieds du Sauveur qui reposait sur le lit de repos. Le Seigneur lui-même lui tendit l'autre pied qui était plus près de terre : elle détacha ses sandales et lui oignit les pieds par-dessus et par dessous. Puis elle prit à deux mains ses longs cheveux épars sous son voile qu'elle passa sur les pieds du Seigneur pour les essuyer et elle lui remit ses sandales.

 

Il résulta de là une interruption dans le discours de Jésus. Il avait bien vu arriver Madeleine, mais pour les autres ce fut une surprise inattendue. Jésus leur dit : " Ne vous scandalisez pas de ce que fait cette femme " ; puis il lui parla à voix basse. Mais Madeleine, après avoir oint les pieds de Jésus, passa derrière lui, versa sur sa tête le précieux parfum qui se répandit sur ses vêtements : elle lui en frotta avec la main le sommet et le derrière de la tête, et toute la salle fut remplie de la bonne odeur qu'exhalait le parfum.

 

Pendant ce temps les apôtres chuchotaient entre eux et murmuraient à voix basse : Pierre lui-même était mécontent. Mais Madeleine pleurant sous son voile fit le tour de la table par derrière et lorsqu'elle passa près de Judas, celui-ci qui avait déjà murmuré avec ses voisins étendit la main pour lui barrer le passage : elle s'arrêta, et il lui reprocha aigrement sa prodigalité, disant que l'argent qu'elle avait ainsi dépensé aurait pu être donné aux pauvres. Madeleine était debout, couverte de son voile, et elle pleurait amèrement. Mais Jésus leur ordonna de la laisser aller : il dit alors qu'elle l'avait oint par avance en prévision de sa mort, qu'elle ne pourrait plus le faire plus tard et que partout où cet évangile serait enseigné, il serait parlé de ce qu'elle avait fait et aussi de leurs murmures.

Alors, Madeleine se retira toute contristée : la fin du repas fut troublée par les murmures des apôtres et par la réprimande de Jésus. Il ajouta encore quelque chose à ce qu'il avait dit, après quoi tous allèrent retrouver Lazare. Cependant Judas était plein de rage et possédé par l'avarice : il se disait à lui-même qu'il ne pouvait pas supporter plus longtemps ces manières d'agir. Il ne laissa rien voir de ses pensées, ôta ses habits de fête et feignit d'être obligé d'aller dans la salle à manger mettre de côté pour les pauvres les restes du repas ; mais il courut en toute hâte à Jérusalem. Je vis tout le temps le démon près de lui, sous la figure d'un homme rouge, au corps grêle et aux formes anguleuses : tantôt il le précédait, tantôt il le suivait et il semblait l'éclairer. Judas courait dans les ténèbres comme s'il y eût vu clair et sans broncher une seule fois. Je le vis à Jérusalem se diriger en toute hâte vers la maison où plus tard Jésus fut accablé d'outrages. Les Pharisiens et les princes des prêtres étaient encore assemblés. »

« Thérèse est transportée à Béthanie. Elle raconte : […] Comme la fête de Pessah est imminente, on y trouve beaucoup d'étrangers sous leurs tentes. Et il en arrive toujours plus chaque jour. Le bruit s'est répandu comme une traînée de poudre disant que Jésus a appelé Lazare hors de sa tombe qui était fermée par une plaque de pierre. Sa maison est maintenant assiégée par des étrangers qui veulent tous voir celui qui est « devenu vivant ».

Je vois le Sauveur arriver sur les lieux et parler amicalement avec eux. Autour de lui se trouvent les apôtres et d'autres adeptes. Même sa mère est là avec Marie de Magdala (et non Magdalena) et d'autres femmes connues.

Un homme élégant s'avance. Il a un manteau « brodé de fleurs » et une jolie ceinture, également brodée. Son visage est « empli de trous » qui ont fini de guérir. Cet homme (« Simon le varioleux » et non « le lépreux ») a près de lui un autre individu. Mais celui-ci n'est pas habillé aussi élégamment. Il porte un habit classique et ses bras sont nus.

Celui qui est élégant s'incline profondément devant Jésus, puis l'invite poliment avec tous les siens à un repas. […] Jésus et cet homme marchent en tête, les autres les suivent jusqu'à ce qu'ils arrivent à sa demeure. Celle-ci dispose d'une grande salle ouverte. Elle a des colonnes simples sur les côtés, mais pas de murs. Entre les colonnes, des buissons verts et des arbres dont certains sont en fleurs. Au milieu un grand toit avec un puits de lumière, qui peut être recouvert par des volets lorsqu'il pleut, repose sur ces colonnes. De longues tables ont été dressées de part et d'autre. Simon et le Sauveur contournent un côté et s'installent. Les hommes prennent alors place avec eux. Les places des femmes se trouvent de l'autre côté. On peut regarder par delà.

L'homme, le « maître de maison » qui accompagne Simon, pose devant Jésus un plateau avec un agneau rôti. Le Sauveur se lève, le coupe d'abord en longueur, puis en morceaux. Ensuite, il sert des portions à l'hôte, puis aux hommes assis autour de lui, et prend sa part en dernier. Il remet ce qu'il reste au maître de maison, et celui-ci sert les autres invités.

[…] Comme c'était la coutume aux banquets et aux festins à l'époque, [Jésus] est couché à table sur un sofa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[…] Soudain, tout doucement, comme craintivement, Marie de Magdala s'approche derrière lui. Elle porte un manteau clair avec quelque chose de caché dessous. « Elle a pleuré tout le temps, je ne sais pas pourquoi. »

Elle passe doucement derrière le dos du Sauveur. […] Alors tous fixent Jésus et lui disent de se retourner. « Mais le Seigneur n'a pas besoin de cela, il voit dans le tréfonds de l'intériorité ».

En même temps, Marie de Magdala dénoue les lacets de ses sandales. On entend l'une d'elles tomber. Alors elle s'agenouille, verse sur le pied du Sauveur un onguent. Elle pleure. Il la laisse faire et tourne vers elle son autre pied, si bien qu'elle peut y verser le reste de l'huile. Elle se sert de son voile pour le frictionner… « Elle n'a pas touché le Sauveur directement, je l'ai bien vu clairement ».

Les gens qui entourent Jésus maugréent et marmonnent. Cela ne plaît à aucun. Alors le Sauveur dit quelque chose à Marie de Magdala. Elle se lève. Il semble qu'elle veut quitter les lieux. Mais elle ne s'en va pas. Elle en a l'intention, mais Jésus lui parle à nouveau. Elle sort encore quelque chose de son manteau, d'un blanc brillant et légèrement coloré, comme de la nacre, et le brise au-dessus de la tête de Jésus. « Ah, je ne peux pas dire combien ça sentait bon. […] Ça a senti jusqu'aux femmes assises en bas. »

Quand Marie de Magdala veut quitter les lieux, Judas tend son bras de sorte qu'elle ne puisse passer à côté de lui. Il dit quelque chose et elle recommence à pleurer. Les autres regardent, également avec un air hostile. Le Sauveur se lève et dit quelque chose qui est très fort. « J'ai bien senti qu'il a parlé de sa mort ». Aussitôt sa mère se met à pleurer. Il s'assoit alors près d'elle.

 

 

 

 

 

 

 

Mais une tension subsiste. Les hommes ne comprennent pas très bien ce qu'il a dit. Soudain, l'un d'entre eux (Judas) bondit, regarde Jésus d'un œil noir, et part en courant. Les autres le suivent du regard, sans trop comprendre ce qui se passe. Et « le Sauveur a mal ». C'était déjà la nuit, des « lampes à bec » brûlaient. »


NOTES :

1 EMMERICH, Anne-Catherine, Vie de N.-S. Jésus-Christ, d'après les visions d'Anne-Catherine Emmerich, rédigé par Clément Brentano, traduit de l'allemand par E. de Cazalès, Paris, Ambroise Bray, 1860, tome 6, chapitre XI. On peut lire ce passage en ligne ici.

2 SCHWARTZ, Günther, Nouveau Testament par les visions de Thérèse Neumann, traduit de l'allemand par Marc Géraud, Paris, Le Jardin des Livres, 2017, p. 28-30.

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